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Suivre la vague

 

Playa del Carmen, 2020. 

 

Un voyage improvisé au Mexique, un voyage de relaxation et de repos avant le retour au Cégep. Première journée dans la région du Yucatan, nous allons nous promener sur la plage pour commencer le tout près de l’océan. 

 

À peine 30 secondes après avoir foulé le sable blanc que j’ai changée un séjour de villégiature banale en une mission zéro déchet. Loin de m’y attendre, j’ai été frappée par la quantité sans nom de déchets autant dans l’eau, dans les algues que enfouie dans le sol. Impossible de marcher en ne ramassant pas le moindre détritus qui me passent sous la main. Mes mains ayant une limite, je prends une décision : je vais ramasser un sac de déchets trouvés sur la plage par jour. 

 

Je me dis qu’en un allé-retour je devrais pas mal remplir mon sac. J’ai rapidement réalisée qu’en une vingtaine de minutes à peine j’ai les bras pleins. Je me suis concentrée sur les plus gros morceaux (ne pouvant pas ramasser le moindre micro-plastique qui me place sous les yeux).

Pour la première journée, je commence seule puis termine avec ma très chère mamie. On croise des gens qui nous encouragent et d’autres qui décident de nous amener les détritus qu’ils trouvent sur leur passage. Je retourne à ma chambre d’hôtel et décide de peser le tout : 4.5 lbs! Impressionnant pour une simple petite promenade. Rapidement cette activité devient une habitude. Mon frère et mon grand-père s’ajoutent inévitablement à notre équipe, sans compter les dizaines de touristes qui se mettent à nous accompagner. Des gens littéralement qui viennent de partout dans le monde se mettent à nous faire la conversation et se sentent interpellés par notre petite coutume. Plusieurs nous promettent d’emmener leur sac le lendemain. D’autres nous saluent. Au fil des jours, on commencent à voir des gens qui font comme nous. Je serais vraiment hypocrite d’affirmer que nous sommes les instigateurs de leurs gestes, mais j’aime croire que j’en ai inspirée quelques uns.  Lors d’un après-midi, j’ai même droit à un chin chin de sac. Oui, oui. En soirée, des locaux nous saluent de leur nappe sur la plage et nous lancent un joyeux : salud.

 En plus d’avoir créer une sorte de mouvement de solidarité entre humains responsables de cette pollution, cela a créé des contacts purement magiques, des moments cocasses, nous a fait faire de l’exercice physique, nous a amené à avoir des conversations totalement enrichissantes sur les produits les plus récurrents trouvés, nous a conscientisées sur notre consommation et nous a rendus hypersensibles au moindre micro déchets traînant par terre. A la fin des 5 jours de collecte, les 6 membres de ma famille contribuaient et nous étions fiers d’avoir participé à quelque chose qui nous dépasse, quelque chose de plus grand que nous. 

 

Au final, plus de 30 lbs de déchets ont été détournés de l’océan. Je ne l’ai pas fait pour l’attention, pour les photos ni pour les likes. Je l’ai fait à la base parce qu’il m’est inconcevable de voir de la pollution et de l’ignorer. Pour moi, 30 lbs c’est loins d’être suffisant. Si je m’étais écoutée, je n’aurai fait que ça du matin au soir. Ce sont les oiseaux, l’eau, la vie marine et même les humains qui souffrent de cette consommation à usage unique sans fin. On s’entend que ce ne sont pas les sirènes qui ont produites les fourchettes qu’on a retrouvées échouées sur la terre ferme ;) Je l’ai fait parce que je suis une hypersensible qui se sent concernée par le sort de notre Terre Mère et qui continuera de se pencher pour nettoyer les plages même quand une bande de fille en bikini me demandera de me tasser de leur photo (# true story).

Pour vous donner une idée voici les rebus les plus courants : 

 

+++

pailles de plastique 

ziplocs & autres sacs de plastiques 

styromousse

bouchons 

ustensiles en plastique

 

++

brosses à dent

corde (résidus de filets de pêche) 

bouteilles de plastique 

semelles de sandale 

 

+

pots en tout genre

stylos en morceaux

 

Récupérés :)

verres de plastique

seaux

pelles

lunettes de soleil

stylos

En règle générale, je vous dirai qu’il vaut mieux garder à l’esprit qu’on se doit de laisser la terre d’accueil mieux qu’elle ne l’était à notre arrivée. Ou du moins, pas pire.

La mer n’est pas notre poubelle, ni la Terre. Maintenant vous savez quoi faire! 

# soyons le changement

Par Ariane Légaré