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L’implication étudiante à l’ère de l’individualisme

Ah ces jeunes! Il ne s’entêtent qu’à vivre dans leur bulle virtuelle pris dans leur
individualisme croissant coupé de la réalité matérielle et affective. Je répondrais à
ceci oui et non. Je ne peux nier l’importance des réseaux sociaux dans la vie de la
plupart des milléniaux que je côtoient, cependant je crois que la jeunesse
québécoise et internationale n’a jamais été aussi consciente de l’environnement
dans lequel elle vit. Nous sommes bel et bien en constante connexion avec notre
réseaux de contact, mais également avec l’information qui circule à travers le
monde entier. Nous sommes bombardés d’informations ce qui nous rend, pour la
majorité, hypersensible au quotidien de tous et chacun. C’est pourquoi l’implication
étudiante, mais l’activisme en général prend autant de croissance de nos jours. Plus
besoin de tenter de recruter des gens pour aller manifester sur la rue alors qu’en
une publication facebook on a plus de 300 000 personnes qui sont prêts à nous
suivre! Après quelques envois emails on peut atteindre des gens de partout dans le
monde afin qu’ils signent une pétition & une vidéo peut nous permettre de
propager rapidement un message.

Je prendrais comme modèle, celui que je connais le mieux c’est-à-dire moi
puisqu’on ne connaît personne mieux que sois-même, n’est-ce pas?
Commençons par le début… J’ai commencé mon implication au secondaire. Ma principale motivation était l’imposition (par mon programme d’étude) et certainement par un désir sauver la veuve et l’orphelin.

J’ai débuté cette aventure de service communautaire dans un organisme de ma
région : Le coffret. Notre rôle en tant que jeunes était de participer aux activités
organisés par l’organisme et d’offrir notre aide aux soirées qui visaient à faire un
partage des cultures de la communauté immigrante de ma ville. De nature réservé,
j’étais loin de m’attendre à prendre autant plaisir à faire participer les gens aux
activités, gens qui pour la plupart ne parlaient même pas ma langue. J’ai
rapidement pris goût à ce monde de solidarité et de travail d’équipe.

Je me suis ensuite impliquée dans le comité jeunesse Amnistie Internationale de
mon école secondaire. De loin l’implication qui m’aura le plus marqué.
Organisation de kiosques & d’activités & de journées thématiques, sensibilisation
d’injustices aux étudiants, élaboration de blitz de signatures, compréhension des
droits bafoués à l’internationale, participation à des congrès jeunesses, etc. Je n’ai
pas simplement compris au fil du temps que je voulais travailler dans ce domaine,
j’y ai trouvé ma place. J’y ai compris mon rôle de québécoise, d’étudiante et de
citoyenne du monde. J’y ai compris que c’est en prenant les choses en main qu’on
fait avancer les choses, ou du moins, qu’on les change un peu. Vous comprendrez
que je n’ai jamais arrêté à ce jour de m’y impliquer.

C’est beaucoup plus tard que j’ai commencé à m’attarder à la situation climatique et
à vouloir participer au mouvement de lutte. J’étais végétarienne bien avant d’être
environnementaliste, mais c’est justement parce que je l’étais que je me suis
penché sur le sujet de la crise climatique notamment par le biais de documentaires.
Dans ce cas-ci, ce n’est pas moi qui est trouvé ou m’impliquer. C’est l’implication
qui m’a trouvé. Littéralement. Mon travail bénévole ayant été reconnu à de maintes
reprises, on m’a proposé de représenter les Laurentides lors du colloque des
établissements verts Brundtland en tant qu’ambassadrice. Oui oui, ambassadrice.
Quelle expérience! J’avais l’impression d’être une imposteure dans ce rôle ; je me
sentais tellement étrangère et nouvelle dans ce nouveau monde vert! J’ai tellement
appris pendant ces quelques jours que je n’ai pu qu’en sortir grandi! Ce monde me
semblait tellement évident que je n’ai pu que vouloir m’y ‘impliquer davantage afin
d’y prendre ma place.

En arrivant au collégial, j’étais déjà consciente que l’implication n’était même pas
une option, elle m’était nécessaire. Lors de la foire de l’implication je me suis tout
de suite précipité aux kiosques d’amnistie, mais également au comité Planète. Ces
comités m’ont permis de m’épanouir dans cette nouvelle vie qui s’ouvrait à moi et à
faire partie de mon milieu étudiant. J’y ai découvert des gens extraordinaires qui
avaient la même flamme au fond d’eux. Des gens de mon âge qui voulaient
sensibiliser les autres étudiants aux enjeux environnementaux et éthiques d’ici et
d’ailleurs. Des jeunes qui n’avaient pas peur de prendre des risques au nom de la
cause que l’on défendaient. A travers ces comités j’ai commencé à siéger sur le
conseil d’administration de mon cégep qui porte sur l’avenir vert de cet institution.
C’est très stimulant de siéger devant un conseil en tant que porte-parole/ voix des
étudiants ; moi seule qui parle au nom de plus de 3000 élèves!

Ma vie collégiale arrive à sa fin, mais ma tête reste pleins de projets et je compte
m’impliquer aussi longtemps que je pourrais. Tant et aussi longtemps que je serais
allumée par cette flamme de l’implication. Tant et aussi longtemps que je sentirais
que le temps que je donne a un impact, qu’il soit petit ou grand.

Je voudrais remercier mon mentor en droits humains, celui qui m’a donné tant de
belles opportunités dans le monde de l’implication & qui m’a donné la piqûre
environnementale. Bien évidement, ma mentor zéro déchet sans qui rien de tout
cela ne serait possible aujourd’hui. Mais également les milieux scolaires et les gens
qui y travaillent sans qui notre désir de s’impliquer ne resterait que fiction ; merci
de nous laisser croire que le ciel est notre limite.

Par Ariane Légaré